TEMOIGNAGES
TEMOIGNAGE DE LIBELLULE

ATTENTION CETTE PAGE EST DESTINEE A UN PUBLIC AVERTIT

CLIQUEZ SUR L'IMAGE POUR VISITER SON SITE
Je m'appelle Stéphanie. J'ai 26 ans, et autant d'années de galère derrière moi. J'ai subi un inceste de la part du frère de ma grand-mère, à 10 ans, alors que j'étais en vacances chez lui et sa femme. C'était des caresses pour lui comme pour moi, pas besoin de détails je pense... L'un et l'autre, sans se concerter, m'ont demandé le silence sur ce qui c'était passé pendant ces deux semaines. Ce qui m'a sauvé l'esprit, c'est les livres, je m'évadais par les mots des autres... J'ai appris, des années après, par ma mère elle-même, qu'elle aussi il l'avait touchée. J'ai reçu un choc : ma mère savait donc qu'il était un pervers, et elle m'a envoyée chez lui...

A 14 ans, j'ai été violée par un inconnu, dans mon village, un type bourré que je n'avais jamais vu, et j'ai failli y rester...

J'ai enchainé les crises d'anorexie, de boulimie, les TS, les auto-mutilations, et les angoisses...

Huit ans d'anorexie/boulimie, huit ans d'enfer.

Je m'en suis sortie difficilement, mais j'ai finalement survécu à tout ça, je n'ai plus de cauchemars, plus de troubles alimentaires (TCA)... parce que j'ai parlé, parce que j'ai rencontré un homme formidable qui m'a aidée... Grâce à lui et à une amie, mon statut de victime a été reconnu et j'ai pu arrêter de me cogner à la culpabilité que je ressentais. Mais c'est un combat de chaque minute, de chaque seconde, et j'aurais eu besoin du soutien de ma famille ; je les ai toujours laissé à l'écart, de peur de ne pas être crue, de peur des ravages que cela ferait, peur de leur regard sur moi.

Mais je sais aujourd'hui que mon combat n'est pas terminé, il faut davantage. Ma famille ne sait toujous rien de tout ça, ma mère n'a jamais rien vu. Je crois que la "guérison" passe non pas par leur reconnaissance de ma souffrance (je me suis construite sans), mais simplement par le fait de lever le voile, lever le tabou, ne plus avoir peur de leur réaction. Qu'importe s'ils me ferment la porte, je ne veux plus de ce silence qui me semble un terrible mensonge. Cette fois, j'ai pourtant plus à y perdre qu'à y gagner : c'est mon nom que je risque de perdre, toute une filiation, s'ils ferment la porte...

Avril 2003

J'ai tout dit à ma mère... qui a eu une réaction prévisible : elle a tout ramené à elle. C'est une femme qui n'est pas adulte, qui ne sait pas respecter la personne que je suis. Elle ne m'a même pas demandé comment j'allais...

J'ai fait une croix sur elle. Malgré tout, malgré le fait que je n'ai plus de maman, que je n'ai jamais eu de maman, ça m'a fait beaucoup de bien de ne plus vivre dans le "mensonge".. et surtout, je n'ai plus peur de ma mère.

Parler libère réellement...

J'apprends à sourire...

merci pour ton amitié, ton humour, ton aide et ta sincérité. Je t'adore!!!

vous pouvez visiter son site : http://plusdesilence.free.fr/accueil.htm

Vous pouvez m'envoyer vos témoignages à eternal1@wanadoo.fr