TEMOIGNAGES
TEMOIGNAGE DE electrastar71

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Bonjour à toutes et à tous !

Je m'appelle electrastar et j'aurai bientôt 16 ans et je souffre de troubles de la mémoire.

En effet, je ne me souviens de rien en ce qui concerne ma part de mémoire individuelle avant mes 13 ans. Alors vous vous demandez sûrement : à quoi sert son témoignage si elle n'a rien à dire ?

Il y a encore huit mois, je ne me souvenais absolument de rien, c'est vrai... Mais, depuis, mes nuits étaient agitées par des cauchemars qui me semblaient tellement réels que, depuis, j'ai peur de me coucher le soir... Dans mes cauchemars, je me voyais dans mon lit, en train de pleurer, recroquevillée sur moi-même (c'est devenu une habitude). Et puis, alors je voyais une grande forme noire s'approcher de mon lit et se coucher à côté de moi. Je veux crier, m'enfuir mais je n'y arrive pas, je reste prostrée dans mon lit, alors que cette forme noire me touche, me caresse, m'oblige à la caresser...

Pendant longtemps, j'ai cru que ce n'était que des rêves, vraiment sordides, mais juste des rêves... Pourtant, je ne comprenais pas pourquoi dès que j'écoutais Mire-Live d'Indochine ("Et je vois devant moi, des petits garçons et des petites filles, devant moi, devant toi, se faire toucher par des vicieux gras..."), j'avais envie de pleurer ou bien encore pourquoi je ne supportais plus que mon copain me touche...

En quatrième, j'ai fait une dépression... Personne ne s'en est aperçu dans mon entourage, ou plutôt ne voulaient-ils pas voir... Mais en même temps, je ne voulais pas qu'il se rende compte de mon état. En février 2001, j'ai même fait une tentative de suicide (à mes yeux, c'était plutôt un appel au secours...) et là encore personne ne s'est rendu compte de rien. J'ai aujourd'hui une cicatrice au poignet mais on ne m'a jamais demandé d'où elle venait...

J'en avais marre, je ne comprenais pas d'où venait mon mal-être... Bien qu'il y avait toujours des hauts et des bas, j'aurai dû être heureuse : je venais d'être admise dans un des meilleurs collège privé de ma région en section précoce, j'avais des ami(e)s, des cours qui m'intéressaient, un très bon niveau scolaire, et un petit copain...

Vers Noël de l'année 2001, alors que j'étais en 3ème, je cherchais dans l'armoire de mes parents le papier cadeau pour finir mes emballages... C'est à ce moment-là que j'ai aperçu une boîte tout au fond, mal cachée par des draps... C'était la période qui précédait les fêtes, j'ai tout de suite pensé que c'était un cadeau et comme je suis quelqu'un de très curieux, je n'ai pas pu m'empêcher d'ouvrir cette boîte...

Dedans, il n'y avait en réalité que de la paperasse... J'allais refermer la boîte, déçue, mais je me suis ravisée en me demandant pourquoi ma mère aurait-elle caché des papiers dans son armoire... Moi qui adore la mythologie, ce jour-là, je me suis fait l'effet de Pandore, pas en déversant la souffrance sur le monde, mais uniquement dans mon cœur...

Dans cette boîte, j'ai découvert deux secrets de famille (on se croirait dans une série B). Le premier est que mes parents ont divorcés bien avant que je naisse, en 1972, et se sont remariés ensemble en 1973. Le second est le pire, j'ai découvert que mon père avait fait de la prison en 1971. L'administration n'aime pas appelé un chat un chat, il m'a donc fallu plus d'une demi-heure pour trouver les chefs d'accusation. Viol et atteinte à la pudeur. Mon père a été libéré début 1972, et ma mère a dû immédiatement demander le divorce.

A l'instant où j'ai lu ces mots si beaux pour décrire un acte si horrible, mes premiers souvenirs ont refait surface...

L'été de l'an 2000. Je traîne avec une bande de mon village, on rigole, on fume ses premières (et dernières dans mon cas) cigarettes, je boit de l'alcool pour la première fois... Le soir, je rentre tard, vers minuit, souvent plus... Ma mère travaille très tard, mon père est en RTT. Je lui demande si je peux aller dormir chez une copine, il m'attire vers lui et me dit que ça dépendra de moi. Il commence à me toucher la poitrine tout en se masturbant... Mon père a toujours été quelqu'un de violent, j'ai horriblement peur de lui, même s'il ne m'a vraiment frappé qu'une seule fois. Je reste assise, le regard dans le vide pendant qu'il continu, je supplie que mes amis viennent sonnés pour que je sorte. Il fini toujours par se lasser de ma léthargie et me laisse.

C'est ainsi à chaque fois. Même lorsque ma mère est là, qu'elle est dans la pièce à côté, il n'hésite pas, il continue. Un jour où ma mère est absente et où je me suis retranchée dans ma chambre, il vient vers moi, il s'assit sur le lit alors que j'y suis couchée en train de lire. J'ai peur, je suis toute seule face à lui. Je vois qu'il est dans un état second, il me demande pourquoi je le fuis. Je ne réponds rien, il s'approche encore et me touche. Il sait que j'ai peur, il me demande de le toucher aussi, il me dit que ça n'a rien de dégoûtant. Il a raison, j'ai peur : alors je m'exécute. Il me dit que c'est bien, mais pour que ça soit encore mieux, il faut que je le fasse avec ma bouche. La même peur me noue le ventre, je lui fais une fellation... Au bout de quelques minutes il me relève et m'enlève mon pantalon, je ne bouge plus. Je sens sa main contre mon sexe, il met la mienne sur le sien. Dans un instant de lucidité, je lui dis que non, que c'est mon père, qu'il n'a pas le droit. Il me regarde avec dureté pendant un long moment et me dit que parce qu'il est mon père, il a tous les droits sur moi... Je ne me souviens pas s'il m'a pénétrer ou pas. Sincèrement, je ne préfère pas m'en rappeler. A l'époque, j'avais 12 ans. Vous devez penser que je n'étais pas très dégourdie mais c'est vrai, à l'époque, je me laissai faire par tout et tout le monde...

Il a cessé de me toucher pendant l'été 2001. Je n'en ai jamais parlé à personne, c'est mon père malgré tout. Mais c'est surtout parce que s'il allait en prison, je ne supporterai pas qu'il ait une peine aussi douce. Tous les jours, quand je le vois, j'ai envie de le tuer. Il m'a voler ma vie au sens propre du terme puisque je ne me souviens aucunement de mon enfance. Je n'attends que d'avoir 18 ans pour partir de chez mes parents.

J'ai une sœur de 30 ans. Elle a quitté très rapidement la maison à 20 ans. A chaque fois que je la vois, je n'ai qu'une envie c'est de lui demander si elle aussi elle a subit les attouchements de mon père. Si c'était le cas, je lui en voudrais de ne m'avoir rien dit.

Bien que ce dont je me souvienne soit très détaillé, je ne me souviens absolument pas du reste. Aujourd'hui je n'ai plus de cauchemars, ma sexualité est redevenue normale, je n'ai jamais eu de problème alimentaire ou de drogues... Mais aujourd'hui, je ne crois plus en rien : je ne crois plus ni en moi, ni en ce que me disent les adultes et encore moins en dieu. D'ailleurs, ma mère, très croyante, ne comprend pas pourquoi du jour au lendemain, je me suis mise à écouter des chansons qui critiquent ouvertement la religion alors qu'avant j'était une adorable petite fille totalement naïve. Si je lui disais la vérité, elle me ferait sûrement une attaque...

J'ai été trop rapidement et trop brutalement exposé au monde des adultes, encore aujourd'hui, il m'arrive de souhaiter de le quitter...

electrastar

"Moi, je veux rester comme ça toute ma vie !

Moi, je veux rester tel que je suis !"

"Le monde est un pervers et je continuerai de le braver !

Parce que le monde est un enfer, plus rien ne m'atteindra !"

Indochine

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