TEMOIGNAGES

TEMOIGNAGE DE CATHERINE

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Par où commencer...Déjà je m'appelle Catherine et j'ai aujourd'hui 19 ans , ça fait donc 5 ans que je me bats contre ça.

Depuis que j'étais petite ma soeur m'emmenait souvent dans les fêtes forraines où elle connaissait quelqu'un. Un homme qui avait 26 ans de plus que moi et 16 de plus que ma soeur. Il était très sympathique il nous offrait des barbes à papa et autres confiseries. Pendans des années je ne l'ai plus vu et ma soeur avait quitté la maison familial pour emménager avec son ami.

Un jour, en avril 2002, en allant au collège dans la voiture de mon père, cet homme se trouvait derrière la voiture en skooter. Lorsque je suis descendu devant le collège il s'est arrêté et on a parlé et il m'a proposé d'aller boire un verre à la sortie des cours, j'ai accépté. J'ai donc bu un chocolat avec lui on a discuté et rit. Je ne m'entendais plus très bien avec ma mère (la crise d'adolescence!) et j'avais trouvé en lui un confident. Le soir même j'ai téléphoné à ma soeur pour savoir si je pouvais le cotoyer, puisqu'elle le connaissait elle pouvait me dire ce qu'elle en pensait. Elle m'a répondu qu'il n'y avait pas de soucis que c'était quelqu'un de génial.

Suite à ça je le revoyais tous les mercredis voir parfois en semaine, il avait une nièce de mon age qui elle avait une amie de mon age, bref c'était devenu des amies. Deux mois plus tard le collège avait organisé une sortie scolaire et je ne savais pas si je voulais y aller du coup mon père à signé le bon en disant que je pouvais cocher la case que je voulais. J'ai dit à mes parents que j'y allais alors que j'avais coché la case non, je voulais passer ce jour là avec ce que j'appelais à l'époque mes amis...

Il est venu me chercher et m'a emmené chez lui, ce qui n'avait rien d'extraordinaire, c'était déjà souvent arrivé, mais je ne m'étais jamais retrouver seule avec lui. La matinée il ne s'est rien passé d'extraordinaire je pensais qu'après je repas de midi les deux filles qui avait mon âge allaient nous rejoindre...Grave erreur! Après le repas de midi j'ai voulu aller chercher mon sac dans sa chambre et quand j'ai voulu sortir de celle ci je n'ai pas pu. Il était là et essayait de m'embrasser en me disant que c'était normal. Moi je ne voulais pas mais il continuait et me deshabillait...J'implorais terre et ciel pour que ça s'arrête! Mais il continuait...après il s'est sauvé de la pièce je me suis retrouvée presque nue en boule, je croyais que je ne partirais plus jamais de cet endroit. Et puis je sais pas ce qui m'a pris j'ai ouvert le tirroir de sa table de nuit et là j'ai vu plein de photos de jeunes filles avec leur prénoms au dos. Ensuite il est revenu et m'a dit de m'habiller. Je me suis exécuté de suite, j'avais tellement peur. Après on est déscendu de son immeuble et il m'a fait monter sur son skooter et m'a ramener chez moi. Il m'a laché devant chez moi comme un chien galeu. Je l'ai regardé partir j'étais prostré devant chez moi. Je savais qu'il n'y avait personne chez moi à l'heure là et quand je suis rentrée j'ai de suite pris une douche. Après je me suis couché et mes parents sont rentrés. Je n'ai rien dit.

Suite à ce jour tout s'est effondré. Je faisais des fugues, je ne voulais pas regarder mes parents en face. Je suis ensuite partie en foyer pour enfants au mois de septembre à metz plappeville. Je suis restée un mois et demie mais là aussi je partais dès que possible je ne voulais pas rester. J'étais jeune j'avais 14 ans et j'avais déjà envie de tout abandonner. Après je suis partie dans un foyer plus près de chez mes parents pour qu'on puisse se voir plus souvent. Mais même quand ils se déplacaient jusqu'à metz je ne voulais pas les voir, je me sentais sale même s'il ne savait rien j'avais l'impression que c'était écrit sur moi. Puis mi novembre j'ai été envoyé à l'hopital pour crise d'anorexie, de colère et tentative de suicide. Je suis restée deux semaines sans rien dire en restant dans ma chambre en essayant de voir le moins de personne possible. Puis un matin le pédiatre est venu comme à son habitude et je lui ai sorti ce qui s'était passé comme si je lui demandait comment il allait. Fallait que ça sorte! Là il s'est assis et m'a regardé, il essayait de me parler mais ne savait pas trop par où commencer. Il a discuté longuement avec moi en me disant que je devais en parler à mon père pour porter plainte. Ce qu'il faut savoir c'est que dans l'hôpital où j'étais mon père travaillait à la pharmacie donc tout le monde nous connaissait.

Mon père est arriver à midi et le pédiatre ne m'avais pas tellement laissé le choix car en arrivant mon père m'a dit "alors tu as quelque chose à me dire?". Là je me suis dis que je pouvais encore revenir en arrière et puis finalement j'ai tout dit. Mon père était totalement effondré. Il m'a dit qu'il fallait qu'on aille porter plainte ce qu'on a fait le soir même. Suite à cette plainte il s'en ai suivie des menaces de morts sur le téléphones fixe de mes parents sur mon portable etc... En Mars 2003 je suis rentrée chez mes parents mais depuis ce jour je ne me promène jamais seule dans ma ville. Pendant longtemps je le croisais de temps en temps ou sa nièce qui me traitait de tous les noms devant tout le monde. Ce qu'il faut savoir aussi c'est que pour ces gens c'est normal ce qui s'est passé, ce sont des marginaux ils sont comme ça.

Le 13 avril 2005 le procès a eu lieu. On est passé vers 18h30 et l'affaire a été baclée sincèrement. La juge a même dit à un moment donné "oui dépêchez vous j'aimerais bien rentrer avant 19 h ce soir!". Voilà ils ont "réglé" ma vie en 20 minutes! Il a eu 8 mois avec surcis et une mise à l'épreuve. Là je me suis dit que ce n'était pas suffisant mais que pouvait on faire!

Suite à ça il a recommencer avec d'autres enfants et là il est en prison. Il a fallut attendre 5 ans pour qu'il soit mis en prison et 5 plaintes dans la région! C'est fou!

Depuis je fais de ces horreurs un combat, non seulement pour moi mais pour les autres aussi. L'être humain préfère rester dans le noir et ne pas voir la réalité. Il a peur de la lumière. Moi je trouve que ces choses doivent être dite. Et ce que je trouve d'ignoble dans notre système c'est que les victimes sont seules sans personne pour les aider...

Voilà c'est ma vie...Encore aujourd'hui je fais des cauchemars, je ne peux pas rester dans le noir, je ne peux pas aller me ballader seule...je suis encore terrorisée. C'est un combat de tous les jours et de tous les instants.

catherine