TEMOIGNAGES

TEMOIGNAGE DE ANTIGONE

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Une promenade bien innocente, on parle de tout et de rien, peut-être de musique aussi, je ne sais plus. Dans la rue tout, va bien, c'est le calme qui précède la tempête ; le vent commence à se lever doucement quand il décide de tourner à droite : il me prend par le bras et se met à marcher plus vite. Je n'ai pas encore peur. Soudain une tornade de douleur et de panique envahit mon corps ; le brouillard, un brouillard presque solide tant il est épais, s'empare de mon cerveau : il vient de me tordre le bras dans le dos. Il y a plus de peur que de mal, mais, pour une fois, j'aimerai que ce soit le contraire, au moins je pourrais me défendre au lieu d'être paralysée comme un épouvantail épouvanté. C'est ridicule mais je ne suis même pas capable de pousser ne serait-ce qu'un gémissement. Plus rien sauf lui qui me pousse et les larmes qui coulent le long de mes joues. Les injures qu'il me lance se collent à moi comme de sangsues et aspirent le peu de forces qui me restent. Une porte s'ouvre, je rentre. Il a beau faire froid, je suis sûre que c'est la porte de l'enfer. Tranformée en véritable automate, j'obéis aux ordres, je me déshabille. Je crois que je suis au bord de l'évanouissement quand deux mains s'appuient sur mes épaules pour me forcer à m'agenouiller. Il ouvre son pantalon et se frotte contre mon visage, cherchant à me faire ouvrir la bouche par tous les moyens. Je résiste, plus par incapacité que par force morale : je ne sais plus. Les coups pleuvent. Je m'écroule sur le sol froid, Tas de chairs informes et sanglotantes. Il empoigne mes cheveux et me relève pour me coller au mur. Je sens sa langue courir sur mon corps, ses dents attaquer ma peau. Puis ses mains m'agrippent, il pénètre mon corps, grogne comme un bête sauvage, menace de me tuer quand je ne bouge pas comme il veut. Sur le coup je ne pense pas à avoir envie de mourir.

Deux ans après, le vide dans ma tête ; je n'arrive même plus à être ne colère, juste pleine de tristesse et d'une sorte de désespoir au-delà du désespoir. Des larmes invisibles au-delà des larmes visibles. Il semble si étrange que la vie continue ainsi sans même faire une pause. Je voudrais m'arrêter un instant, Le temps d'un battement de paupière.

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