QUESTIONS FREQUENTES

Cette page contient mes réponses ainsi que celles d'autres personnes à des questions qui ont été posé dans le cadre de vos études ou recherches, ou simplement à titre personnelle, cette page sera mise à jour réguliérement.

Cela m'évitera de répondre plusieurs fois à la même question et cela vous permettra de voir si vous vous reconnaisez dans les réponses :-)

Si vous souhaitez répondre à ces questions pour qu'elles figurent sur cette page, envoyez moi un mail avec les numéros des questions auxquelles vous souhaitez répondre ainsi que vos réponses, joignez également votre pseudo ainsi qu'une adresse mail (si vous souhaitez qu'elle figure sur le site)

vous pouvez également répondre a ces questions sans que les réponses soit publiées, je transmettrais directement vos réponses aux personnes concernées.

De meme si vous souhaitez poser des questions, envoyez les moi à eternal1@wanadoo.fr, je les ajouterais a cette page pour que les personnes interréssées puissent y répondre.

ATTENTION : LES REPONSES N'ENGAGENT QUE LEURS AUTEURS !!! POUR MA PART, JE VOUS RAPELLE QUE JE NE SUIS PAS MEDECIN, NI PSY MAIS SEULEMENT UNE VICTIME DE VIOL

Questionnaire de chloé

Questions ouvertes :

1) Avez-vous entamez une procédure judiciaire ? Et pourquoi ?

ETERNAL : Non, je n'ai pas porté plainte

copie de ma reponse qui figure déja plus bas sur cette page...: Je n'ai pas porté plainte et je ne le ferais pas, la plupart des personnes qui ne portent pas plainte, ne le font pas par peur, par honte... Pour ma part c'est un mélange de tas de choses, mes parents ne sont pas au courant et je n'ai pas envie de leur dire, je n'en vois pas l'intérêt, je n'ai pas envie de leur faire du mal inutilement. Je n'ai pas ce besoin de vengeance que peuvent ressentir certaines victimes de viol, j'ai pas envie de me venger, j'ai juste envie d'avancer et pour moi ce serait un retour en arrière de porter plainte. Je n'ai pas besoin de punir mon agresseur, enfin mes agresseurs pour avancer, je peux le faire sans ca et puis je n'ai pas envie d'aller raconter ma vie, de l'exposer comme ca devant un tribunal, elle ne regarde que moi, bien sur je pense parfois qu'il faudrait le faire pour leur rappeler que c'est illégal et pour leur dire à quel point j'ai souffert et souffre encore parfois mais finalement c'est la seule raison valable qui me pousserais à le faire et je pense que ce n'est pas suffisant, je nai pas envie de les revoir, de plus je n'ai pas envie de me justifier, et de fournir des preuves que je n'ai pas, ce n'est pas à moi de me justifier...

AIMIE : Oui j’ai porté plainte. J’ai porté plainte contre mon grand-père quelques années plus tard. J’ai appris qu’il avait abusé de ma petite cousine qui avait 4 ans a l’époque et que ses parents ne comptaient rien faire (comme les miens). Alors j’ai décidé de mettre un terme à tout ça. Et aussi parce que je me sentais coupable de ce qui lui été arrivé, (n’ayant pas porté plainte avant), alors je lui devais bien ça.


2) Le fait de ne pas entamer de poursuite judiciaire contre votre agresseur, a t-il un effet sur votre sentiment de culpabilité ? Et à votre avis pourquoi ?

ETERNAL : Je me suis sentie coupable pendant longtemps, jusqu'a ce que je comprenne que je n'y été pour rien... c'est trés dur a accepter... et ca prend du temps, le fait de ne pas porter plainte n'influence en rien mes sentiments, je n'ai pas besoin d'etre reconnu comme victime pour savoir que je le suis, je n'ai pas besoin que d'autres me le disent pour le savoir... je ne pense pas que ca changerais les choses meme si je peux tout a fait comprendre que certaines victimes aient besoin de ca, je comprend que ca puisse les aider. je sais qui sont les coupables et qui est la victime...


3) Qu’est ce qui vous a le plus et le moins aidé à vous reconstruire après votre (vos) agression(s) ?

ETERNAL : Question difficile parce qu'il y a des choses qui a la fois m'aident et m'enfoncent, je dirais que ce qui m'a sauvé en premier lieux c'est l'amour et la compréhension, le fait d'etre entendu et écouté, le fait qu'on essaye de me comprendre sans me dire " je sais ce que tu vis"... Et puis il y a eu la création du site et toute les personnes merveilleuses que ce site m'a permis de rencontrer et qui font maintenant mon quotidien, qui me parlent, se confient à moi, qui m'aident quand j'en ai besoin et puis j'ai l'impression que le fardeau est moins lourd a porter a plusieurs... je crois aussi que notre derniere arme est la parole, alors pourquoi ne pas tenter...

Ce qui m'aide le moins? je sais pas, désolé...le jugement des autres peut étre... et le fait de ne pas trouver les mots ou de ne pâs savoir dire que je vais mal

Votre procédure a-t-elle aboutie à un procès et à une condamnation de votre agresseur ?

AIMIE :Il va y avoir un procès mais la date est reculé pour des tas de petites raisons débiles. La condamnation je ne me fais pas trop d’illusions.


Répondre vrai ou faux :

1) Je me reproche ce qui m’est arrivé.

ETERNAL : faux

AIMIE : vrai


2) Je pense être au moins en partie responsable de l’agression que j’ai subit.

ETERNAL : faux

AIMIE : vrai (j’aurais du dire non avant plutôt que de laisser faire)


3) Je pense avoir eu une attitude qui a provoqué mon agression.

ETERNAL : vrai (mais ca va faire bizzare si je met vrai la et faux au deux d'avant...mais pourtant je répond vrai...)

AIMIE : FAux


4) Je me reproche le fait que d’autres personnes aient pu subir la même chose que moi.

ETERNAL : vrai (pas "aient pu subir" mais "ont subit" la méme chose, c'est une affirmation)

AIMIE :Vrai (elles ont subi)


5) Il m’arrive de penser que j’aurai du parler avant de mon agression.

ETERNAL : faux
AIMIE : vrai

6) Je comprends que des personnes, ou mon entourage, me reprochent mon agression.

ETERNAL : faux
AIMIE : Faux

7) Je pense souvent qu’il aurait mieux fallu mourir que de subir cette agression.

ETERNAL : faux

AIMIE : vrai


8) J’ai hésité à déposer plainte par peur d’être jugée.

ETERNAL : faux
AIMIE : Faux (j’ai hésité par peur de ne pas faire le poids face à mon grand- père et par peur de perdre ma famille)

9) Je pense que la durée de la procédure judiciaire enferme la victime dans sa culpabilité.

ETERNAL : vrai ( meme si j'ai pas porté plainte, je le constate)
AIMIE : vrai

10) Je pense que l’expertise de crédibilité que doit subir la victime l’enferme dans son sentiment de culpabilité.

ETERNAL : vrai ( idem qu'au dessus)

AIMIE : vrai

11) Je pense qu’avoir mis mon témoignage sur un site Internet m’a aidé à me reconstruire.

ETERNAL : VRaiiiiiii!!!!!!! lol c'est le début de tout pour moi...
AIMIE : J’ai pas vraiment mis de témoignage. Juste répondu au questionnaire. Et je ne pense pas que ça m’aide à me reconstruire.

12) Je pense avoir aider d’autres victimes grâce à mon témoignage.

ETERNAL : Faux, je ne suis pas prétencieuse et je ne fais pas de miracle malheureusement
AIMIE : Faux

13) Je pense avoir fait les bons choix depuis mon agression concernant le déclenchement (ou non) d’une poursuite judiciaire

ETERNAL : Vrai
AIMIE : Vrai

14) Je pense que le plus important est que l’agresseur reconnaisse sa culpabilité dans le processus de réparation de la victime.

ETERNAL : faux

merde c'est chiant de dire vrai ou faux... alors je m'exprime lol, bon pour ma part, j'ai été en contact avec mes agresseurs, l'un ni totalement et me dit que je suis folle a enfermer... l'autre reconnais mais me dit que ce n'est pas de sa faute et qu'il se sent coupable histoire de me faire plaisir lol et je pense pouvoir dire que le fait de voir que ces personnes n'ont apparament pas de remords m'a paradoxalement aider a avancer, pourquoi foutre en l'air sa propre vie quand des mecs arrivent a vivre avec une telle haine et un tel mépris dans le coeur? pas besoin de leur reconnaissance ni de leur regret et encore moins de leur pardon! c'est pas pardonnable!

AIMIE : faux

15) Je pense que la reconnaissance par la société est primordiale dans le processus de réparation de la victime.

ETERNAL : Faux

AIMIE : faux

QUESTIONS POSEES PAR ADELINE DANS LE CADRE DE SES ETUDES : si vous souhaitez lui répondre, vous pouvez le faire en m'envoyant vos réponses par mail.

QUESTION 1 :

Pourquoi vous sentez vous coupable après votre agression, alors que c'est vous la victime?

REPONSES : 

ETERNAL : En règle générale, les victimes se sentent coupables parce que lors d'une agression elle n'ont pas pu réagir, la peur fait que lorsque tu te fais agresser, tu perds tout tes moyens, et tu te met dans un état second sans le vouloir, tu subit les choses mais c'est comme si ce n'était pas toi, les personnes agressées s'en veulent par la suite de n'avoir rien fait : pourquoi j'ai pas dit non? Pourquoi est ce que je ne me suis pas débattu? Pourquoi j'étais habillé comme ça? Pourquoi j'ai dit ça ou fait ça? Pourquoi je suis passé par ce chemin?? Elles trouvent toute sorte de raisons pour remettre la faute sur elle même, et pensent qu'elles ont forcèment provoqué ce qui leur est arrivé.

Pour ma part, j'ai eu ce sentiment pendant longtemps, simplement parce que je regrettais d'avoir en quelque sorte était une fille facile, je voulais qu'on m'aime mais une seule chose interressait les membres du groupe.... Je m'en suis voulu d'avoir eu un tel comportement, d'avoir été à droite et à gauche, je pensais avoir mérité ce qui marrivait ...

BARBARA : Salut, je m'appelle BARBARA et je suis en dernière année d'études de Psychologie et j'ai moi aussi été victime. Tes questions sont tout à fait intéressantes et je vais tenter de t'apporter un début de réponse en tant que victime et en tant que "psy". Cela va peut-être te permettre de mieux comprendre certaines choses. Comme te l'a dit Eternal, la culpabilité vient du fait que les victimes se reprochent de ne pas avoir fait telle ou telle chose ou de ne pas en avoir fait d'autres. Pour ce qui me concerne, par exemple, je m'en suis voulue de ne pas avoir crié ou de ne pas m'être défendue. En psychologie, on appelle ce phénomène "l'identification à l'agresseur". C'est très courant dans les cas de traumatisme. Pour ce qui concerne le viol, la victime est tellement choquée par ce qui lui arrive que son psychisme n'est plus en mesure d'assumer le monde extérieur devenu trop violent. Tout devient irrationnel et impensable. Alors, une façon de mettre du sens, c'est de s'identifier à l'agresseur. C'est ce qu'on appelle un mécanisme de défense. (Sigmund Freud et Anna Freud en ont parlé.) Cela permet de ne pas devenir "fou". Ca paraît tellement dingue que l'agresseur ne ressente pas de culpabilité que la victime prend "sur elle" la culpabilité que l'agresseur serait censé ressentir.

AIMIE : Personnellement, je me suis fais violer par mon grand-père pendant un peu plus de 10 ans. Ça a commencé très tôt et au début je ne pouvais pas comprendre ce qui se passait. Les années passant, j’ai réalisé le sens de ces actes, mais je continuais à me laisser faire. Je n’ai jamais bougé ou crié, j’étais comme morte. Un jour, je ne sais pas ce qui m’a fait régir différemment cette fois-ci, mais je me suis débattu, et à partir de ce jour là tout c’est arrêté. C’est pour cette raison entre autre que je me sens coupable de ne pas avoir réagi plus tôt. De même, mon grand-père tenait un discours pendant ces instants qui me faisait me sentir complice et même peut-être responsable de ce qui se passait. J’étais jeune, c’était mon grand-père et je l’ai cru. A présent, je sais que je n’y étais pour rien, que je suis la victime et non la coupable, mais ce ne sont que des mots. Au font de mois, je garde ce sentiment de culpabilité, c’est en moi.

QUESTION 2 :

Comment toi et les autres avez vous trouvez la force de continuer après un tel traumatisme ?

REPONSES :

ETERNAL : Dur dur de répondre à cette question, je crois que c'est simplement parce qu'on a pas vraiment le choix, il y a la famille et les gens qui t'aiment, il y a les factures qui continu d'arriver dans la boite au lettre comme chaque jours... tu n'a pas le choix, enfin si... tu peux décider de mourir, certaines choisissent cette option et je l'avais choisit aussi, j'ai fait 3 TS ( tentatives de suicides) . Je crois que tu choisis cette solution quand tu en arrive à un point extrême et que tu n'en voit plus d'autres et malheureusement en cas de viol il n'y a pas beaucoups de solution car rien ne peut effacer ce que tu as vécu, que ce soit une plainte ou une thérapie, le mal est toujours la, il est fait et il te poursuivre jusqu'à la fin de ta vie. Je crois que ce qui m'a aider a continuer c'est l'amour, oui la réponse est classique et pourtant... j'ai rencontré mon amis, bien sur l'effet n'a pas été immédiat et j'ai eu de nouveau une raison de vivre et d'être la, et j'ai aussi trouvé quelqu'un a qui parlé, quelqu'un a qui je pouvais dire : je vais mal, j'ai mal.... chose rare.... voilà ce qui m'a aidé pour ma part, je dirais qu'il y a aussi eu cette envie de leur dire: vous n'avez pas gagné car je vis malgré tout et vous ne m'empêcherais pas d'être heureuse, je pense que chacun finit par trouver la force nécessaire, que ce soit dans l'amour, dans la religion ou autre... il faut trouver quelque chose ou quelqu'un a qui se raccrocher...

BARBARA : La force de continuer on ne l'a pas vraiment, mais on n'a pas le choix. Là aussi je vais te répondre comme Eternal. C'est soit tu survis, soit tu te suicides, parce que le monde ne s'arrête pas de tourner après ce qui t'est arrivé. Alors dans les premiers temps, tu ne rigoles pas du tout. Pour ce qui me concerne, j'avais l'impression que tout le monde pouvait savoir ce qui m'était arrivé rien qu'en me voyant et j'avais l'impression de revoir mes agresseurs partout! Mais on se rend compte que c'est des conneries et que le monde continue à vivre. Alors nous aussi, on se doit de continuer. En psychologie, cela s'appelle la résilience. Ce concept est assez récent et il peut se définir la manière suivante: c'est la capacité d'un être humain à résister aux chocs et aux traumatismes psychiques. Pour qu'une personne soit résiliente, il faut qu'elle puisse s'appuyer sur des "tuteurs de résilence", c'est-à-dire des activités et/ou des personnes qui lui redonnent un peu d'espoir. C'est de cela dont parle Eternal quand elle te dit qu'elle a été soutenue par des amis et par l'amour. Pour moi c'était pareil, j'ai eu des amis qui ont su être présents. Ma famille aussi. Et l'écriture a été très importante pour moi.

AIMIE : En ce qui me concerne, je me demande tous les soirs comment je vais faire pour continuer le lendemain. En fait, je n’ai pas le choix. Je pense que depuis l’instant où j’ai compris ce qu’était la mort, il ne s’est pas passé un seul jour sans que j’espère que se sera mon tour. J’ai beaucoup pensé au suicide pendant l’adolescence, mais je n’ai heureusement jamais eu le courage d’aller jusqu'au bout. Je me suis en fait rattacher à un objectif : porter plainte. Si bien que toute ma vie c’est construite sur cet objectif. Maintenant que le procès va avoir lieu, je n’ai plus d’objectifs, et j’avoue ne plus savoir pourquoi je continu.

QUESTION 3 :

Est-ce qu'on à réussi à vous comprendre, comme vous le désiriez Lorsque vous en avez parlé ?

REPONSES :

ETERNAL : personellement, je n'en ai pas parlé, je me suis fait agressé en 1996 et j'ai subit l'inceste dans l'enfance mais je n'en ai jamais parlé, je savais étant petite que ce qu'il faisait n'était pas bien mais je ne voulais pas en parler à mes parents, parce que je ne savais pas comment leur dire et puis je pense que j'avais honte. Pour le second viol, je suis aller voir ma meilleure amie, juste après l'agression, il été tard, mais je suis quand même allez chez elle, je lui ai dit ce qu'il s'était passé, elle ne m'a pas cru étant donné que mon agresseur été son ex petit amis et que c'était un type vraiment bien en apparence, moi aussi je le pensais, j'en étais persuadée.... mais je ne lui en ai pas voulu de ne pas me croire, je comprenais.... Par la suite je n'ai pas voulu parler à mes parents, je ne voulais pas leur faire de mal, et c'est toujours la cas aujourd'hui. J'en ai parlé en fin 2000, époque ou j'ai rencontré mon ami, il savais que quelque chose ne tournais pas rond et j'ai finit par lui avouer et par tout lui raconter en détails, l'inceste, les viols.... je me suis sentie comprise et soutenue et je me suis rendu compte que même si ça me faisait souffrir de reparler de tout ca, de tout revivre, je me suis rendu compte que parler m'avait aidé et que c'était très important et je crois que je peux dire que c'est ça qui m'a sauvé : être écouté sans être jugé...

BARBARA : je crois que les personnes qui nous entourent peuvent entendre les choses que l'on a à dire, tenter de les comprendre, mais il y a une part d'indicible dans ce que nous avons vécu. Il y a un ressenti qui ne pourra jamais s'exprimer par les mots, parce qu'il est trop violent, trop intime aussi pour être dit. Je pense que seules les personnes ayant vécu cela peuvent comprendre réellement. Mais j'ai été bien accueillie et bien entourée quand j'en ai parlé, si c'est ce que tu veux savoir par ta question.

AIMIE : Moi, je n’ai pas eu vraiment de chance. Lorsque j’en ai parlé à mes parents, j’ai réalisé qu’ils le savaient, et rien n’a changé. Ils ont continué à me laisser chez mon grand-père. Après ça je n’en ai jamais plus parlé à personne jusqu'à ce que je porte plainte. Mais là je ne cherchais pas à être comprise. Je voulais qu’on me croie, et qu’on l’empêche de continuer avec d’autres (car c’était le cas).

QUESTION 4 :

Comment voit on les individus (les hommes surtout) après? Est-ce qu'aujourd'hui ce regard est le même ou a t-il changé ?

REPONSES :

ETERNAL : Comment je vois les hommes? Ca dépend, ceux de mon entourage ne me poseNT pas de problème, le problème se pose quand je sors, je me méfie, j'ai peur, ce n'est pas de la paranoïa mais quand je croise un homme dans la rue et qu'il est tard, j'ai un petit pincement au cœur, ca fait des années que je me répète que tout les hommes ne sont pas des sadiques et j'en suis convaincu, je dirais même qu'il y en a des extras, doux attentionné gentil... mais au fond de moi je me répète que s'il y a un malade ce sera pour moi!!! Vu la chance inouï que j'ai, pour résumer, je dirais que je ne les ai jamais détesté, et que je n'ai jamais généralisé! Je ne sais pas pourquoi en y réfléchissant, je me dis que j'aurais eu toutes les raisons du monde de leurS en vouloir et de les détestais mais en fait je n'ai jamais eu ce comportement, pourquoi? Mystère... mais tant mieux :-) donc la vision a toujours été la même, pas de haine, juste de la méfiance et de la peur parfois

BARBARA : Je pense que le regard sur les hommes change forcément après une telle expérience. Mais on se dit qu'ils ne sont pas tous comme ça. Mais je suis d'accord avec Eternal. Il reste toujours le petit pincement au coeur, la petite peur enfouie.

QUESTION 5 :

Souvent dans les témoignages les personnes disent qu'elles ont été "salies". Est-ce que ce sentiment s'atténue un jour? Ou est-il toujours le même, ou présent, malgré les années?

REPONSES :

ETERNAL : je pense que la réponse à cette question ne peut être qu'individuelle, chacun à sa manière de vivre le viol, et de réagir, pour ma part, enfin c'est assez étrange, je n'ai pas eu ce sentiment tout de suite, ce sentiment assez bizzarement est apparu quand j'ai rencontré mon ami, je ne saurais pas dire pourquoi, ni comment mais il est vrai que j'éprouve encore ce sentiment...

BARBARA : Oui, j'ai eu ce sentiment là. D'ailleurs, j'ai pris une douche juste après le viol. Mais j'avais l'impression que rien ne pourrait jamais enlever cette souillure. Cette réaction que j'ai eue est aussi un mécanisme de défense au niveau psychique. C'est une façon de se laver, d'oublier ce qui est arrivé. Mais bien-sûr cela ne marche pas. Et c'est aussi par l'identification à l'agresseur qu'on se sent sale parce qu'au niveau psychique, l'agresseur est sale donc par identification la victime elle-même se sent sale.

AIMIE : C’est vrai, j’ai également ce sentiment, mais comme éternal, c’est apparu plus tard lorsque que j’ai eu un copain. Je ne dirais pas qu’il s’atténue vraiment, ça dépend de mon état. Ça me pèse plus ou moins selon les jours mais c’est toujours présent.

QUESTION 6 :

Pour les personnes qui ont porté plaintes j'aimerai savoir, si c'est possible bien sur, en gros comment cela se passe t-il?

REPONSES :

ETERNAL : je n'ai pas porté plaintes

BARBARA : J'ai porté plainte environ une semaine après le viol. Dans un premier temps, j'ai fait une déposition au commissariat le plus proche. J'ai ensuite subi un examen gynécologique à l'hôpital. Ensuite plusieurs mois après, les gendarmes qui faisaient l'enquête sont venus m'interroger à nouveau pour avoir des précisions sur certaines choses que j'avais dites lors de la première déposition. Encore quelques mois plus tard, j'ai été convoquée chez le juge d'instruction qui m'a demandé de me justifier sur certains détails. Puis encore quelques mois après, j'ai passé un bilan psychologique chez un psychologue. Je n'ai pas de nouvelles de cette procédure judiciaire depuis environ un an et demi. J'attends de savoir si l'affaire passera aux assises. Cette démarche, comme tu peux le constater est très longue et parfois difficile à supporter parce qu'il faut raconter beaucoup de fois et en détail ce qui s'est passé. Il faut aussi se justifier parfois. Si tu veux plus de renseignements, tu peux lire le petit ouvrage de Filizzola sur le viol dans la collection "que sais-je ? " . Ces petits bouquins se trouvent facilement dans les rayons des librairies qui ont un rayon universitaire et ils sont pas chers.

AIMIE : Barbara à assez bien décri la procédure. En ce qui me concerne, j’ai porté plainte il y à un peu plus de 3 ans maintenant, mais les faits n’étant pas récents, c’est un peu plus compliqué. Sinon, ça c’est passé à peu prés de la même manière, sauf qu’en plus moi toute ma famille et une partie de mes proches ont également été interrogés, et j’ai également eu une confrontation avec mon grand-père. Mais dans tous les cas, cette démarche est très longue et très difficile. Il faut raconter encore et encore ce qui c’est passé, et avec le plus de détaille possible. Pour moi, c’était se remémorer des instants que j’avais refoulés depuis pas mal de temps. Il faut également se justifier de tout entre autre pour moi pourquoi je n’ai pas porté plainte avant…mais le pire c’est l’attente, on reste des mois sans avoir de nouvelles.

MISSY : Je trouve personnellement que Barbara et Aimie ont bien résumé les faits.. Pour moi ca c'est passé a quelques choses pres pareil.. Sauf que moi je n'ai pas été victime de viol, mais d'agressions sexuels... et puis la procédure a été un peu différente et un peu plus.. délicate car il été un membre de ma famille...Et nous avons été 4 à porter plainte...

C'est moi qui en ait parlé la 1ère, puis mes cousines (ses filles) ont suivies le pas... Et ensuite tous s'est emboité tres vite... et pourtant ca a pris un peu plus de 3ans..

Il y a eu d'abord la 1ère déposition, puis les precisions a apporter sur certains points quelques mois plus tard; puis ensuite il y a eu les plaintes de mes cousines a comparer avec la mienne, savoir si toutes "saccordaient"...

Enfin, bref ca a été trés long, et ensuite, viens le jour tant attendu et en meme temps tant redouté.. celui du proces.. le jour ou on se trouve face a lui... a pouvoir le regardé dans les yeux...

Et c'est peut etre la ou c'est le plus dur.. car meme apres avoir raconté notre vécu des 10ène de fois au gendarmes, au psycologues, aux avocats, et aussi bien souvent aux ami(e)s et a la famille... Il faut une fois de plus en parler.; mais cette fois ci c'est encore plus dur car c'est face a 12 jurés.. des hommes et des femmes qu'on peu croiser chaques jours dans la rue... Et il faut encore raconter et re raconter... répondre aux questions de nos avocats,(des questions préparées au préalable..!) et puis aussi répondre a son avocat à LUI.. question non préparées cette fois ci.; des questions sures, choquantes et meme parfois violentes et... culpabilisantes...

Puis ensuite il faut l'écouter à LUI.; l'entendre dire ce qu' il pense de tout CA...

Finalement le proces est un moment tres dur a passé... et qui m'a énormément culpabilisé.. Il a pris 10 ans fermes.. et quand je suis sorti, j'ai envoyé un texto a un ami, en lui disant " il a prit 10ans fermes, je sais pas si je dois etre soulager ou pleurer.." ca résumé bien mon état d'esprit du jour.. et meme un peu celui d'aujourd'hui...!

Voila, pour plus de question n'hésité pas, je serais "heureuse " de vous répondre...

Missy..

Enigmea24@aol.com

QUESTION 7 :

J'aimerai également savoir pourquoi certaines personnes ne portent pas plainte?

REPONSES :

ETERNAL : Je n'ai pas porté plainte et je ne le ferais pas, la plupart des personnes qui ne portent pas plainte, ne le font pas par peur, par honte... Pour ma part c'est un mélange de tas de choses, mes parents ne sont pas au courant et je n'ai pas envie de leur dire, je n'en vois pas l'intérêt, je n'ai pas envie de leur faire du mal inutilement. Je n'ai pas ce besoin de vengeance que peuvent ressentir certaines victimes de viol, j'ai pas envie de me venger, j'ai juste envie d'avancer et pour moi ce serait un retour en arrière de porter plainte. Je n'ai pas besoin de punir mon agresseur, enfin mes agresseurs pour avancer, je peux le faire sans ca et puis je n'ai pas envie d'aller raconter ma vie, de l'exposer comme ca devant un tribunal, elle ne regarde que moi, bien sur je pense parfois qu'il faudrait le faire pour leur rappeler que c'est illégal et pour leur dire à quel point j'ai souffert et souffre encore parfois mais finalement c'est la seule raison valable qui me pousserais à le faire et je pense que ce n'est pas suffisant, je nai pas envie de les revoir, de plus je n'ai pas envie de me justifier, et de fournir des preuves que je n'ai pas, ce n'est pas à moi de me justifier...

BARBARA : C'est une bonne question et je vais mener un travail de recherche sur cette question dans le cadre de mes études universitaires cette année. Je ne sais pas quelles sont les causes psychologiques (c'est cela que je veux interroger), mais je pense que la justice française met beaucoup en doute les témoignages des victimes et cela est tellement effrayant que beaucoup hésitent à porter plainte. J'ai hésité moi aussi à le faire. Et actuellement, si quelqu'un me demandait, je ne pourrais pas affirmer qu'il faut le faire parce que c'est une démarche lourde et dont la décision doit rester personnelle. Pour ce qui me concerne, je n'avais as une idée de vengeance ou quelque chose comme ça, mais je trouvais injuste que des personnes puissent commettre de tels crimes sans en être inquiétés et je ne voulais pas leur laisser le loisir de recommencer à faire d'autres victimes. Mais ça fait maintenant 3 ans que j'ai porté plainte et les violeurs sont toujours en liberté... Alors je ne sais pas s'il faut porter plainte. Je crois que ce n'est pas ça qui peut aider une victime...

AIMIE : C’est une démarche très difficile. Moi en plus c’était quelqu’un de ma famille, il était respecté de tous. En portant plainte je me suis mis à dos quasiment toute ma famille. Je me suis retrouvé toute seule face à tous. Pendant plus d’un an j’ai eu des menaces, j’ai du déménager et changer de numéro de téléphone … Je ne regrette pas d’avoir porté plainte car grâce à ça mon grand père n’approche plus aucun enfant. Mais sincèrement si j’avais réalisé ce qui m’attendait vraiment en portant plainte, je ne sais pas si je l’aurai fais. Autant l’issu du procès si elle est positive peu peut-être aider une victime à s’en sortir, autant tout le temps de la procédure, avec les difficultés qu’elle comporte peu achever celle-ci si elle n’arrive pas à tenir jusqu’au bout.

QUESTION 8 :

Enfin Que voudriez vous dénoncer dans le justice française par rapport aux jugements pris...?

REPONSES :

ETERNAL : pas de réponse

BARBARA : Je crois avoir déjà assez critiqué la justice, j'attends un éventuel jugement...

Un immense merci à BARBARA et à AIMIE d'avoir accepté de répondre à ce questionnaire