POESIE
POEMES DE CACTUS

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ATTENTION JE VOUS RAPELLE QUE CES PAGES SONT DESTINEES A UN PUBLIC AVERTIT!!!!! ET QUE LES TEXTES N'ENGAGENT QUE LEURS AUTEURS

Voici quelques poèmes écrit par cactus, ils sont magnifiques et reflètent à merveille la souffrance que l'on peut endurer lorsque l'on s'automutile, le sujet est certes délicat mais si bien abordé dans ces poemes, perso j'adore ta manière d'écrire!!!!!! Merci beaucoup d'avoir accepté de les partager avec nous! Merci beaucoup pour ta gentillesse ! Je te souhaite beaucoup de courage, ne baisse pas les bras!!

Y a un gosse

Ya un gosse qui joue sur une balançoire

Et y a moi sur le sol au milieu des cafards

Je regarde la vie qui passe sous mes yeux

J'essaie de retrouver ce que veut dire "heureux"

On peint ce qu'on ressent jamais ce que l'on voit

Le silence est un cri qu'on ne prononce pas

Y a des chiens qui aboient ils ne font pas de bruit

Y a aucune lumière pour percer la nuit

Y a du vent dans le port et la lune est dans l'eau

Le ciel s'est refermé et il pleuvra bientot

J'ai pas peur de la pluie j'ai juste peur des pleurs

Y a une enfant en moi qui crève de douleur

Le poète est celui qu'on voudrait fusiller

C'est celui qui se tait mais qui voudrait hurler

Y a un gosse qui hurle sur sa balançoire

Y a des fois ou l'horreur devient plus qu'une histoire

Monstre

Y a un monstre planqué derrière une porte

Que je retiens en vain je suis pas la plus forte

Je m'épuise à vouloir la maintenir fermée

J'ai peur si il sortait de me faire écraser

C'est tout ce que je veux refouler et pas voir

C'est une vérité que je veux pas savoir

C'est ce qu'on nomme inceste et c'est toute l'horreur

C'est moi il y a neuf ans c'est moi et ma douleur

Ce monstre c'est ma vie mon passé mon enfance

Ma colère ma peur ma rage ma souffrance

J'ai peur de les crier et j'ai peur de la honte

Si je combats ce monstre c'est moi que j'affronte

Ce monstre c'est aussi un grand père à hair

Un grand père que j'aime et qui me fait souffrir

C'est moi l'enfant muette la gosse étouffée

Qui doit tout supporter par peur de tout briser

Ce monstre si il sort il va tout démolir

J'ai compris trop de choses j'ai peur de détruire

La porte elle est ouverte et moi je n'ai pas d'armes

Je me retrouve enfant je me retrouve en larmes

Tout ce que je pensais s'effondre peu à peu

J'ai peur du mot victime et veux fermer les yeux

Tout ce que j'ai construit et qui était bancal

Est en train de casser et j'ai peur et j'ai mal

A mon abuseur ...

Tu as voulu m'apprendre à grandir et à vivre

Aujourd'hui "grace" à toi moi j'essaie de survivre

Tu as voulu m'apprendre un "jeu" fait pour les grands

Je ne comprenais pas j'avais juste huit ans

Tu as voulu m'apprendre à résister à tout

J'ai appris la douleur j'ai appris le dégout

Tu as voulu m'apprendre à ne plus avoir peur

Tu m'as montré l'effroi l'angoisse et la terreur

Tu as voulu m'apprendre à garder un secret

A obéir à tout et moi j'obéissais

J'ai appris à me taire et à tout encaisser

J'ai appris le silence appris à tout cacher

Tu as voulu m'apprendre à ne pas te trahir

Moi aujourd'hui j'apprends à essayer de dire

Tu as voulu m'apprendre à ne jamais pleurer

Et moi tous mes songlots je les ai étouffés

Tu as voulu m'apprendre à te faire plaisir

A prouver mon amour j'ai envie de vomir

Etre digne de toi ne pas te décevoir

Il n'y avait plus de lois quand tu venais le soir

Je voulais de l'amour tu m'as donné le pire

Et tu m'as tout volé ma vie et mon sourire

Gamine toujours seule et livrée à moi-même

Tu en as profité tu me disais "je t'aime"

Tu m'a appris vieil homme à devenir polie

A dire aussi bonjour s'il vous plait et merci

A me laver les mains lorsque l'on passe à table

Ces gestes quotidiens qui sont si respectables

Tu as juste oublié toi de me respecter

Et moi je me détruis pour pouvoir exister

Je joue avec la vie et je tutoie la mort

Pour me sentir en vie et retrouver mon corps

Cent fois j'ai cru mourir et un soir j'ai saigné

Maintenant j'ai compris je voudrais te crier

Que tu as tout brisé j'ai compris la violence

Tu n'as pas tout gagné parler c'est ma vengeance

Encore une nuit ....

Les secondes s'écoulent et le rythme sans fin

D'une aiguille qui court sans bruit vers le matin

Résonne en cette nuit, reste la seule trace

Des minutes qui fuient et des heures qui passent

C'est encore une nuit, le temps semble arreté,

Le monde continue, c'est une nuit d'été,

Une nuit chaude et claire et une nuit semblable

A trop et à tant d'autres : longue, interminable

Et je suis fatiguée, je veux juste dormir,

Juste dormir un peu , juste ne plus souffrir,

C'est une nuit de plus, une nuit de terreur,

Le sommeil a été remplacé par la peur,

Et le ciel noir étouffe l'éclat des étoiles

Lorsqu'arrive le soir et que le jour se voile

Et encore ces images qui reviennent toujours,

Qui sont toujours présentes la nuit comme le jour ...

Et en me tailladant aux lames de rasoir,

Je peux alors briser entre deux cauchemars

Une douleur sans nom que rien n'atténue

Et dire que j'ai mal et que je n'en peux plus,

Oublier le passé, ces souvenirs blessants,

Lutter contre l'angoisse pendant quelques instants

Et sans pouvoir parler, sans voix dans le silence,

Tout en voulant hurler exprimer la souffrance.

C'est moi qui le choisis maintenant de saigner

Et ce sang là au moins en le voyant couler

Je sais d'où il provient, ce n'est pas comme avant

Cette fois je décide et surtout je comprends.

auteur : cactus

Brille petite lame

Brille petite lame de ton éclat d'argent

Qui bientot transformé se verra par le sang

De cette souffrance il s'emparera en coulant

Que de folie pour un instant de soulagement!

Par ces images ne pas se laisser submerger

De ces mots insoutenables se débarrasser

Les aiguilles sur l'horloge continuent de tourner

Mais tout autour de moi, le monde s'est arreté

Les flots de sang sécoulent, entrainant la douleur

Cette rage destructrice fait cesser les pleurs

Il n'y a plus ni de pas, ni de voix, ni de peur

Par mes profondes entailles se vide mon coeur

Toi tu savais tout, moi je ne comprenais rien

Ton corps avec le mien, il ne faisait plus qu'un

Comment moi aujourd'hui puis-je briser ce lien?

Je voudrais tant hurler mais le son s'est éteint

Quand on ne peut parler comment faire autrement

Que crier sa soufrance par les flots de son sang?

Mais tout revient toujours encore plus oppressant

Malgré le répit régnant quelques secondes durant.

Ce poème est le premier que j'ai écrit... et le seul texte où j'ai pu écrire un peu ce qu'est pour moi l'automutilation (je déteste ce mot mais bon...) et ce que je ressens en me coupant les bras...

auteur : Cactus.

Délivrance

Exprimer la souffrance, dire que l'on a mal

Apaiser la douleur, la colère et la haine

Lorsque l'on se sent seul, lorsque l'on se sent sale

Malgré les regrets qui toujours après surviennent

Et les bras tailladés aux lames de rasoir

Seul moyen de hurler et de soulagement

Un appel au secours, un cri de désespoir

Mais tout cela est vain : personne ne l'entend

Et lorsque le sang coule, alors tout disparait

Il entraine avec lui un bout de mon histoire

Il noie mes sentiments, je retrouve la paix

Et le passé s'efface et surgit le brouillard

Ce fluide écarlate reflet de la vie

Est devenu pour moi symbole de souffrance

Ce jour où j'ai saigné, où je n'ai pas compris,

Et il est désormais ma seule délivrance.

auteur : cactus

Voici d'autres poémes que cactus m'a envoyé! Ils sont tous trés bien écrit et sont tellement réalistes... Merci de m'aider à enrichir le site et de partager avec nous ces magnifiques poémes
Maman

Maman tu n'as rien vu, Maman tu sais j'ai mal,

Tu n'étais jamais là, Maman je me sens sale,

Dans la chambre à côté, pendant que tu dormais,

Maman le savais - tu qu'il me déshabillait?

Maman l'entendais-tu ce bruit dans l'escalier,

Maman l'entendais-tu cette porte grincer?

Maman ouvre les yeux, regarde-moi je souffre

Maman, Maman je plonge, je suis dans un gouffre.

Maman tu comprends rien, t'as jamais rien compris,

Cesse de t'aveugler, Maman je t'en supplie

Maman il me brisait, Maman j'avais si froid,

Maman il était nu et il était sur moi.

Maman il m'a blessée, Maman, y'avait du sang,

Maman j'étais enfant, je n'avais que huit ans,

Tu m'as pas protégée et tu ne voyais rien,

Maman si t'avais su ce que faisaient ses mains!

Je ne parlais jamais, tu savais pas pourquoi,

Mon silence il hurlait, tu ne l'écoutais pas

Et comme d'habitude, aujourd'hui quand je pleure,

Maman tu les vois pas ces larmes de douleur.

auteur : cactus

Pourrais-je oublier

Un rayon de soleil avant le crépuscule,

Une ombre de clarté sur le jour qui recule,

Qui brille faiblement, qui tournoie et se perd,

Tiède et pâle lueur et tache de lumière,

Spectre clair et diffus à l'angle d'un mur blanc;

Avant aussi ils étaient blancs, ils étaient grands;

J'essaie de retenir une larme mais pleure

Déchirée de sanglots, de rage et de douleur.

Quand l'horloge tournait, que le temps s'arrêtait,

Ils savaient tout ces murs et ils étaient muets,

M'ont vue grandir trop vite et apprendre à souffrir

Et apprendre à me taire et à "ne pas trahir" ;

C'est lui qui m'a trahie, pourquoi il me mentait?

Ils formaient une chambre où le soir il entrait

Ces murs que tant de fois j'ai voulu traverser,

Une chambre d'enfant où je n'ai pas crié

Et d'où il repartait comme il était venu;

Tout comme un condmné ne trouvant pas d'issue,

Pour qu'il ne vienne plus j'aurais voulu partir,

Chercher la liberté, j'aurais voulu mourir

Et briser ces barreaux , ces chaînes et ces liens,

Et ce disque rayé qui répétait sans fin

Les paroles d'un air que sur un fond d'effroi,

De honte et de terreur je ne comprenais pas.

Personne n'entendait derrière mon silence

Un appel au secours qui hurlait ma souffrance

Et quand, seule, la nuit, je pleurais dans le noir

Le monde était aveugle ou ne voulait rien voir,

Personne ne pensait qu'on peut parler sans bruit,

Qu'une enfant de huit ans peut détester la vie

Et craindre les vacances, la nuit j'avais froid,

Je tremblais, j'avais peur et je ne dormais pas,

Et quand il le voulait , sans que jamais je n'ose

Dire non, refuser, j'avalais cette chose

Blanche et je ne savais, non , je ne savais pas

Ce que c'étais; je lui obéissais, pourquoi?

Pourrais - je l'oublier que je participais?

Et pourrais-je oublier ce soir où je saignais?

Pourrais-je oublier la douleur d'une blessure

Qui transperce le ventre comme une brulure?

Auteur : cactus

Le cri

Ecoute le ce cri profond et incessant

Cri de la détresse qui croit au fil du temps

Cri lancinant, empli de haine et de douleur

Qui fait s'entremeler la colère et la peur

Ce cri si intense il hurle la souffrance

Toi tu ne l'entends pas, ne saisis pas son sens

Passe les apparences, regarde autour de toi

Cette enfant qui se tait ne la vois-tu donc pas?

Petite projetée au milieu d'un tumulte,

D'un monde de violence et d'un monde d'adulte,

Elle se tait toujours et toi tu l'oublies, mais

Un soir elle saignait et n'oubliera jamais...

Elle a grandi trop vite, elle a grandi sans armes

Et a trouvé les pleurs , les sanglots et les larmes

Pour remplacer les mots et crier sa souffrance,

Elle s'est emmurée, seule, dans son sillence

Ce cri désespéré, ce cri l'as-tu atteint?

As-tu enfin compris que ce cri c'est le mien?

Ce cri longtemps caché mais non pas enterré

Il dénonce mon passé, je ne peux l'effacer

Auteur : cactus

Toujours les mêmes notes, la même mélodie

Toujours cette même chanson qui me dicte ma vie

Dont couplets et refrains me maintiennent en prison

Et ils me font disparaitre au fil des saisons

Tel une tache d'encre sur du papier buvard

Qui s'étale, efface tout, fait naitre le brouillard

La flamme vascille, s'éteint, il n'y a plus de lumière

Dès lors mon désespoir devient mon seul repère

Egarée dans les méandres de mon esprit

Avec ma mémoire en seule compagnie,

Errant dans une spirale infinie de souffrance

Comment peut on sortir de cette macabre danse?

Le silence est mon cri, les larmes sont mes mots

Mes souvenirs ne cessent de me prendre d'assaut

Toujours un peu plus ils me détruisent et m'accablent

Et je suis désarmée face a l'innommable

Entrainée par les flots des vagues de ma détresse,

Je ne cesse d'envoyer en vain des SOS

Lorsqu'on trouve les bouteilles conte nant ces messages

On ne les ouvre pas, on les renvoie au large.

Auteur : cactus

Inceste

Sans heurts et sans fracas, il la poussait le soir

Cette porte fermée en plein dans la nuit noire;

Juste une porte ouverte qu'il a traversée,

Une ombre et quelques pas qui ont tout bouleversé.

Un écho d'habitude se melait à ce bruit

D'une porte qui s'ouvre et puis que l'on franchit,

Tout se passait toujours comme un acte banal,

Je le sais aujourd'hui, ce n'était pas normal.


Ces ordres qu'il donnait, je n'y comprenais rien,

J'écoutais ses paroles sans repousser ses mains ;

Il gommait la frontière qui sépare l'enfance

D'un monde pour adulte rempli de souffrance,

Ebauchait les contours et dessinait alors

Les supports d'un loi qui parait-il est d'or :

C'était mon seul repère et c'était le silence ,

Un hurlement sans mot quand rien n'a plus de sens.


Ce secret à garder, ses actes et ses gestes

Ils ont trouvé un nom, ils s'appellent l'inceste;

Pourquoi c'est arrivé ce jour où j'ai saigné?

Et toujours ces images que j'essaie d'effacer....

La nuit il ne vient plus, la nuit je n'ai plus froid

Mais je retrouve encore et tout comme autrefois

Ces réflexes d'enfant, ces réflexes de peur

Répondant à un "jeu" d'angoisse et de douleur

auteur : cactus

Tu la vois cette enfant ?

Tu la vois cette enfant

Elle fixe cette porte imperturbablement

Ca va recommencer

Elle s'enfouit sous ses draps comme pour se protéger.

Tu la vois cette enfant

Qui reconnait le bruit qu'il fait en arrivant

Elle le voit s'approcher,

Sait qu'elle ne peut rien contre cet etre glacé.

Tu la vois cette enfant

Elle était insouciante il y a quelques temps

Et finira le nuit

Effondrée, ravagée, en larmes dans son lit.

Tu la vois cette enfant

Qui craint de se lever le matin à présent

Elle doit lui dire bonjour

Seule dans sa chambre à lui et sans aucun secours.

Tu la vois cette enfant

Petite aux grands yeux noirs qui grandit en souffrant

Pour hurler elle se tait

Elle ne se plaint jamais, son coeur pleure sans arret.

Tu la vois cette enfant

Que personne ne voit, que personne ne n'entend

LA vie suivait son cours

Et lui il revenait, il revenait touj ours

Tu la vois cette enfant

Immobile elle se tient, elle a à peine huit ans

Elle pense que c'est normal

Et ne peut distinguer ce qu'est le bien du mal

Tu la vois cette enfant

Elle ne fait plus confiance et elle vit en tremblant

Pourquoi l'a-t-on trahie?

Qu'avait-elle pu faire pour etre ainsi meurtrie?

Tu le vois cette enfant

enfermée malgré elle dans un monde violent

Par un si lourd secret,

Elle est bien trop petite pour ce que l'on lui fait.

Tu la vois cette enfant

Elle aimerait savoir d'où il vient tout ce sang

Et elle se sent coupable

Ne connait pas les mots de cet acte innommable

Tu la vois cette enfant

Qui ne sait plus parler autremant qu'en pleurant,

Le silence est son cri,

Elle voudrait tant hurler , elle appelle sans bruit.

Cette enfant pleine d'effroi

Que le passé étouffe, cette enfant elle est là

Elle est en face de toi

Cette enfant qui a mal, oui, cette enfant c'est moi.

auteur : cactus

L'orage

D'épais nuages gris étouffent les murmures

Des cordes d'un violon, et en ce jour obscur

Se joue toujours la meme et morne symphonie

Que bat nonchalamment le fracas de la pluie

Qui puissament s'abat

Déchirant ce tableau d'une lueur bleutée,

Lacérant les nuées de reflets argentés,

Des éclairs qu'accompagnent les soupirs du vent

Transpercent violemment parmi ces hurlements

Le ciel de leur éclat

Et la mer s'acharnant contre un et cent navires ,

De ses vagues sans fin ,frappe, pour qu'ils chavirent

Leur coque trop fragile en ces eaux sans pitié;

Le rythme crescendo d'un orchestre endiablé

Brise toutes les lois.


Il ne sont plus vivants, ne sont plus que des ombres

Et attendent que passent ces heures sans nombre :

Sous les coups de la foudre , rien, n'a plus de sens,

Des falaises d'acier regardent cette dans

Sous le son des hautbois.

Les archets se sont tus sur l'écume des flots,

L'océan déchainé a noyé leurs sanglots,

Le calme est revenu sur cette onde sans fond,

L'orage s'est perdu dans l'univers profond;

Au loin gronde sa voix.

Auteur :cactus

La colère gronde ; les canons se sont tus

L'impacte encore est là d'une arme, d'un obus ;

C'est la fin d'un combat, la guerre continue,

SOus un ciel déchiré vit une armée déchue.


Des guerriers devenus des hommes sans visage,

Des ombres sans espoir, transpercent cet orage

De hurlements sans mots qui fendent les nuages ;

Les étoiles se taisent face à ce carnage.


Les vivants sont aveugles, les morts invisibles ;

Seul un ruisseau de sang entraine un cri terrible,

Seul témoin sans paroles d'un crime indicible,

Lorsque le monde est sourd, rien, n'est plus impossible.


Un oeil sans bruit regarde la plaine enneigée,

Un souvenir l'assaille, il n'y a plus de danger,

Les fusils sont perdus : il n'a pas oublié

Et ferme sa paupière afin de mieux pleurer.

auteur: cactus

Un filet de sang coule et l'éclat d'une lame

Qui transperce ma peau, qui transperce mon âme

Se voit alors terni et devient l'image

D'une vie écorchée de souffrance et de rage.

Dehors doucement tombent des gouttes de pluie

Et l'eau coule et ruisselle le long de la nuit.

Le sang suit lentement l'écoulement du temps,

Il libère l'aiguille et ouvre le cadran ;

Un avion fend le ciel d'un nuage de glace,

Les secondes s'effacent les heures s'enlacent.

Dehors doucement tombent des gouttes de pluie,

Leur chute monotone l'espace remplit.

Aucun dico contient tout ces mots de douleur,

Le sang s'en teinte alors et en prend la couleur

Et se transforme en encre, le livre des mots

Il lit mon désespoir, n'écrit pas son écho.

Dehors doucement tombent des gouttes de pluie

Et moi je continue de pleurer sans un bruit.

Auteur : Cactus

Une larme de sang s'échappe de mon bras,

Déchirée de sanglots, moi, je ne pleure pas ;

Le temps suit les contours des montres de Dali,

Le monde devient flou, j'oublie un peu ma vie.

Je relève ma lame et frappe une autre fois,

Le sang coule et s'enfuit sur ma main et mes doigts,

Il tombe goutte à goutte sur le carrelage,

Efface la douleur et toutes ces images.

Je ne sais plus parler, ne peux que me couper,

J'ai trouvé le silence et je m'y suis terrée,

C'est un langage sourd que personne n'entend,

Une prison muette et j'ai grandi dedans,

C'est un gouffre sans fond avec des murs trop lisses,

Je me souviens encore de ses mains qui glissent,

Qui touchent, pétrifient, saisissent, terrifient

Et tuent un corps d'enfant abimé et sali.

Auteur : cactus

Regarde,

Une ligne de corps avec les yeux bandés,

Des formes sans visage et sans humanité,

Des vies assassinées attendant sans espoir

Le fusil qui viendra dans la rosée du soir.

Regarde,

Elles fuient son atteinte en cherchant son canon,

Il y a déjà longtemps qu'on entend plus un son

On leur a enfoncé la lame d'un poignard

Que tu as laissé perdre, toi, dans le brouillard.

Regarde,

Ecoute le ce cri d'un enfant maltraité

Qui tombe sous les coups ou qu'on va abuser,

Aveuglé par ses pleurs qui coulent des paupières

Causés par un parent, un grand frère ou un père.

Regarde,

Ose me voir en face, ose lever les yeux,

Ose le soutenir ce regard qui t'en veut

Qui hurle la douleur d'une enfant de huit ans

Nourrie par ton silence et ton aveuglement.

Pour tous ceux qui ont été ou sont encore victime de maltraitance, sous quelque

forme que ce soit......

Toi qui as toujours fuit, reste pour une fois,

Ecoute - moi crier, ne parle plus, tais - toi,

Ecoute mes questions, je veux que tu répondes,

Au moins une minute, au moins une seconde....

Une note posée au creux d'une portée

Sur 5 lignes sans fin, seule et abandonnée,

Sur 5 lignes brisées qui chantent bout à bout

Le chemin de la vie, ses dessus , ses dessous...

Petite tache noire perdue sur un fil

Que l'on a entrainée au milieu des périls,

Qui cherche son accord derrière un diapason,

Les sanglots des tubas pleurent sur les violons....

Une cymbale crie d'un éclat métallique,

Cesse d'un crissement l'orchestre symphonique,

Le refrain sans remous tout à coup il s'enivre,

Dis - moi c'est quoi la vie, comment on fait pour vivre??

C'est quoi ce monde, dis, ce monde de souffrance

Qui te laisse valser sans arreter la danse??

Et je sèche des larmes qui ne coulent pas,

Toi qui as toujours fuit, reste pour une fois...

A tous les gens aveugles, qui ne veulent rien voir et rien entendre.....

auteur : cactus

Encore quelques pas dans le souffle du vent,

Dans cet air froid et sec et hurlant et cinglant,

Au pied d'un air salé sur un fil barbelé,

En haut d'une falaise et d'une mer glacée.

Une mouette s'envole et se perd dans le ciel,

Une pluie est tombée doucement de son aile

Virevolte en tournant dans sa chute légère,

Flotte dans les nuées d'une couleur de fer.

De la roche escarpée je m'approche du bord

Et m'accroche à la vie en recherchant la mort;

Je voudrais me jeter dans les vagues du soir,

L'horizon s'est noyé dans le cri des flots noirs.

Encore un pas, juste un et une larme chaude

Me rappelle à la vie face à la mort qui rode ;

Je recule et repasse sous les barbelés

D'un coté d'une vie que je veux affronter.

Auteur : cactus

Il fait tard et sans phare le bruit de la rue

Rattrape une voiture et roule en continu,

Idées noires, nuits blanches sous le réverbère

Illuminent un temps qui n'a plus de repères,

Un sommeil sans repos et sur Paris qui dort,

Sur le périphérique moins zéro dehors

Et figées par le gel et le long de sa sphère

Brillent en jaune et blanc des files de lumière;

Et quand un chut de trop conduit la chute libre

Et qu'un éclair s'abat et rompt tout équilibre,

Continuer d'avancer sans savoir où aller,

De surmonter des vagues sans savoir nager ,

La pluie se fait cruelle et creuse des tranchées

Face aux gens qui se taisent sans se retourner,

Gardent les yeux fermés et s'en vont sans un bruit,

Et OUI je leur en veux à tous ceux qui ont fuit !!

Accoudée au comptoir sobre du bar des mots

Dont l'impact et le poids dansent dans un étau,

Dérobent la parole et face à la douleur

Les phrases et les lettres se teintent de peur;

Théatre de l'absurde, pas de Ionesco

Dont je ne comprenais jamais le scénario,

Qui se jouait le soir, il me voulait adulte,

Un silence mordant perçait dans ce tumulte ;

Etre digne de lui, pas le droit de pleurer,

Trop de larmes cachées sous des nuits ravagées,

Face à CA à l'horreur, trop de larmes à rendre

Dans l'ignoble festin d'un silence à se vendre.....

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